paquebot Blue Lady

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Séquence nostalgie... Le nez de l'étrave, haut de 3,50 m, des tabourets extérieurs, des lampes, des maillons de chaîne, une fresque de l'artiste Alvo... : environ cinq cents pièces provenant du paquebot France seront mises en vente à Paris, les 8 et 9 février. Les estimations données par la maison Artcurial, qui organise la vente pour le compte du dernier propriétaire du navire, vont de 100 € à 80 000 €. Les pièces seront exposées du 4 au 7 février, à Paris.

OUEST FRANCE

Ne l'appelez plus jamais «France» !
C'est un ancien moniteur de voile qui a sauvé le «France» ! Ou du moins ce qu'il en, restait. Collectionneur et passionné par les antiquités maritimes, Jacques Dworczak a découvert, lors d'un voyage en Inde au cours de l'année 2002, le port d'Alang, où sont démantelés les vieux navires venus du monde entier. Lorsque le «France» (devenu «Norway» en 1979, après son rachat par un armateur norvégien) y échoue, il négocie avec les démanteleurs-ferrailleurs l'achat de pièces symboliques du paquebot. Rude tâche. Des Américains, des Norvégiens sont déjà sur le coup et font monter les prix. Soutenu par des banques, Dworczak finit par emporter le marché. Ce qui nous vaut la vente organisée par Artcurial. Pièce maîtresse parmi les 446 lots dispersés, le nez de l'étrave du paquebot (hauteur : 4,5 mètres, poids : 4,1 tonnes), estimé entre 80 000 et 100 000 euros. Des pièces de l'aménagement intérieur (rampes d'escalier signées Raymond Subes, panneaux décoratifs de Claude Hertenberger, commodes d'Henri Lancel) voisineront ici avec une série de pièces traditionnelles (hublots, lampes, tables, fauteuils, menus, maquettes, photos). La palme du kitsch ? Elle revient à ce cendrier «en faïence polychrome à décor d'une cheminée du «France»» : lorsqu'on y pose une cigarette, la fumée s'échappe par les ailerons de la cheminée. Valeur de la fantaisie : environ 300 euros. Le lot le moins cher ? D'une valeur estimée à 20 euros, il rassemble deux pin's, une carte postale, trois étiquettes pour bagages, une boîte d'allumettes, le tout aux armes du «Norway». D'accord, ce n'est pas le «France». Mais quand même, c'en est un petit bout... -
NOUVEL OBS.com

 

"France", le retour du seigneur des mers

Marché de l'art. Quand un aventurier français s'éprend du plus puissant navire du monde…

Valerie Collet, le 29-01-2009

   Cinq cents pièces du paquebot mythique, aujourd’hui démantelé, seront en vente chez “Artcurial” les 8 et 9 février. Retour sur l’histoire mouvementée d’un rêve flottant.

   Bleu, pointu, d’une hauteur de 4,55 mètres et d’un poids de quatre tonnes, un curieux colosse trône ces jours-ci sur les Champs-Élysées, arrivé comme par magie, il y a quelques jours, dans la cour de l’hôtel Marcel Dassault. À peine débarqué, le monstre d’acier joue les vedettes, attirant amateurs d’antiquités autant que curieux et touristes, qui le photographient au moins autant que l’obélisque et l’Arc de triomphe… Le nez du paquebot France est entré dans Paris !

   Arrivée couchée dans un porte-containeurs spécial, la pièce d’étrave aura mis un mois pour être acheminée en bateau puis par voie terrestre de Bombay à Paris, un périple au terme duquel elle sera vendue aux enchères par Artcurial, avec cinq cents autres pièces de même provenance, les 8 et 9 février prochains, sous le marteau de Me Tajan. Cette vente exceptionnelle devrait attirer un public nombreux. Jacques Dworczak, un aventurier français passionné de mer et d’antiquités marines en est l’instigateur. Après avoir cherché en vain à sauvegarder le paquebot mythique, il en a suivi passionnément le destin lors de son démantèlement sur une plage indienne. Et au terme de plusieurs années de repérage et de longs mois d’âpres négociations, il a pu récupérer nombre de pièces de ce “mo­nument” dont chacun pourra donc acquérir un morceau.

   « Contrairement à la vente du Concorde, assez élitiste, qui comportait 150 lots avec 150 œuvres d’art, j’ai voulu qu’il y ait plus de lots, et à la portée de tout le monde. Je voulais que cette vente ait une âme et attire un public nombreux », témoigne-t-il. De fait, les estimations pour les objets s’échelonnent entre 100 et 80 000 euros. Comme dans un inventaire à la Prévert, on y trouve, en vrac, tables, commodes, lampes de coursive et d’intérieur, tabourets, vaisselle, panneaux décoratifs mais aussi hublots, rampes d’escalier, morceaux de cheminée, panneaux de contrôle, maillons de chaîne, documents techniques de construction ou de navigation, menus (y compris pour chiens !), jeux de cartes, cendriers ou moutardiers souvenirs, bibles de chambre, vestes de commandants de bord…
   De quoi séduire les amateurs de toutes sortes. Depuis l’annonce de la vente sur son site, Jacques Dwor­czak reçoit des centaines de messages d’amoureux du France, tels cet ouvrier qui travailla sur le chantier de construction du paquebot à Saint-Nazaire et qui rêve de récupérer un boulon du navire, ce sportif qui se rappelle avoir surfé sur la vague du France dans le port du Havre ou encore cette dame aveugle qui dit connaître le paquebot comme sa poche !

   « La France sur mer », « le Versailles des mers », « le faubourg Saint-honoré de l’Atlantique », une « cathédrale moderne », un « nouveau château de la Loire »… Le France ne fut pas un paquebot comme les autres. Ses 315 mètres de longueur, son déplacement de 57 000 tonnes, sa propulsion de 160 000 chevaux et sa vitesse de croisière de 31 nœuds nous le confirment. Symbolisant une des grandes aventures de l’après-guerre, il fut le plus grand, le plus sûr, le plus puissant, le plus rapide de son espèce. Quant à ses aménagements intérieurs, qui employèrent quelque 132 artistes, ils offrent un saisissant instantané des différents courants et débats artistiques de l’époque.

   Pendant ses treize années de navigation sous pavillon français, le France, en 377 traversées transatlantiques (elles duraient cinq jours), accueillit près de 600 000 passagers, dont toutes les célébrités de l’époque, d’Alain Delon à Johnny en passant par Juliette Gréco et Tino Rossi. Il fit aussi deux tours du monde.

   Sa naissance ? C’est à la fin de l’année 1952, alors même que le trafic aérien est en plein essor, que la Compagnie générale transatlantique décide d’étudier un remplaçant des navires vieillissants, un digne successeur au défunt Normandie. En dehors de la rivalité internationale (l’Angleterre projetait à l’époque de nouveaux Queen Mary et Queen Elizabeth et les États-Unis, un navire jumeau du United States), l’objectif était de réaliser un bateau qui fasse appel aux technologies les plus avancées avec, comme impératifs, l’économie, la sécurité et le confort. Les deux innovations majeures furent l’affectation aux deux classes de ponts parallèles et l’emploi de matériaux légers, en particulier l’aluminium, notamment pour tous les aménagements intérieurs. « Pourquoi tout ce métal ? Pourquoi cet étrange mariage de fer peint, d’or et de glaces ? » s’exclamaient les visiteurs habitués au style historique des précédents paquebots. Mais l’heure était à la modernité.

   Pour la décoration intérieure du France, le parti pris fut l’éclectisme et la prudence en accord avec les fortes contraintes imposées par le matériau. Le bois et le marbre, en effet, furent totalement exclus (car trop lourds ou inflammables) au profit de l’aluminium, du verre et de matières synthétiques.

   Au terme de nombreux débats, on parvint à dépasser les clivages entre art figuratif et art non figuratif, et des artistes des deux bords furent mis à contribution. À ceux qui regrettaient l’absence des avant-gardes (Jean Prouvé, Charlotte Perriand, Marcel Gascoin), le directeur général de la Compagnie répondait : « Un bateau n’est pas un musée, il ne saurait avoir la prétention de constituer un résumé des tendances de l’art du moment. Il n’est pas fait pour l’instruction de ses passagers mais pour leur agrément. »

   Le “style France” se situe donc entre archaïsme et nouveauté, un modernisme chic, de bon ton, signé des ténors de la décoration française, pour le meilleur et pour le pire… André Arbus, Maxime Old, la maison Leleu et Raymond Subes donnèrent à l’aventure une rigueur constructive contrebalancée par la fantaisie ornementale de Micheline Willemetz (des feuilles de tabac sur les murs du fumoir) ou Germaine Darbois-Gaudin (une salle à manger de style hollywoodien !). Quel contraste que ce salon de bridge acidulé d’Henriette Gonse et l’appartement retenu du commandant de bord par Jean Royère !

   Tapisseries de Marcel Gromaire, Lanskoy ou Jean Picart le Doux, peintures de Chapelain-Midy, Dunoyer de Segonzac, Gen Paul, Utrillo, mosaïques de Bazaine, vitrail d’Anne Carlu… Beaucoup de ces œuvres, comme les meubles, furent dispersées (ou jetées). Certaines, cependant, restées à bord, seront présentes à la vente, telles ces commodes colorées des cabines de première classe d’Henri Lancel, cette table de Jules Leleu au plateau de verre haut en couleur et abstrait (elle provient de la bibliothèque), cette grande gravure sur aluminium patiné d’or de Claude Hertenberger (elle provient de la salle à manger Chambord) ou encore ce Port, laque monumental d’Alvo, qui ornait la descente de la classe touriste.

   Comme le palais Pitti pour les Médicis, le France, emblème du génie français, exaltait les vertus nationales et était un moyen pour l’État de rehausser son image, celui-ci étant tuteur et actionnaire à 62 % dans la Transat. Le coût du projet, d’un montant de 32 milliards d’anciens francs, et la succession des crises ministérielles sous la IVe République retardèrent sa réalisation. Le paquebot fut finalement inauguré le 11 mai 1960. Une première croisière aux Canaries en présence de Michel Debré, premier ministre de l’époque et d’Yvonne de Gaulle, marraine du bateau, puis, le 3 février 1962, c’est le départ de la première traversée de l’Atlantique-Nord pour rejoindre New York. De ce nouvel ambassadeur du savoir-faire français, le général de Gaulle, qui n’embarqua pas (les lits dans les appartements d’honneur avaient pourtant été rallongés de 10 centimètres !), laisse un discours mémorable : « Que ce navire aille donc accomplir sa destinée : porter des hommes vers les hommes ! […] Que France s’achève et s’en aille vers l’océan pour y voguer et pour y servir ! Vive le France, vive la France ! »

   Le rêve flottant dura treize ans. Au printemps 1974, la situation financière de la Compagnie se dégrade gravement, puis l’État renonce définitivement à le prendre en charge. Le France fut désarmé et relégué dans le port du Havre, au fameux “quai de l’oubli”, en décembre 1974. Jusqu’à son rachat en 1977 par le milliardaire saoudien Akram Ojjeh, qui le cède deux ans plus tard à un armateur norvégien. Rebaptisé Norway, au terme de travaux qui en font le plus grand paquebot de croisière au monde, il vivra sa deuxième vie jusqu’au 25 mai 2003, date où l’explosion d’une de ses chaudières fit sept victimes et provoqua l’arrêt de son activité. S’en suivit son désarmement définitif.

   Aucun projet d’hôtel, de musée ou de monument historique n’ayant abouti, il échoua sur une plage indienne, dans le fameux “cimetière des mers”. En 2006, en effet, l’ex-France-Norway rebaptisé Blue Lady, finit dans la baie d’Alang, au côté de dizaines d’autres bateaux, aux mains des ferrailleurs des mers. Dans cette immense décharge où les ouvriers travaillent au milieu de la boue, des résidus toxiques et de l’amiante, l’ancien France allait connaître son démantèlement complet.

   Commence alors une tout autre aventure, celle de Jacques Dworczak. Lorsque ce fils de mineur polonais, aventurier et antiquaire de marines, débarque en Inde en 2002 pour « larguer les amarres », selon ses mots, il est loin d’imaginer devenir l’instigateur d’une des plus spectaculaires ventes aux enchères d’Artcurial, sept ans plus tard. Pendant toutes ces années, pistant le France jusqu’à l’obsession, il dut se battre contre une bonne quinzaine de sociétés ou marchands du monde entier intéressés par le paquebot et surtout affronter le redoutable homme d’affaires indien Sanjay Mehta, son propriétaire, surnommé “l’anaconda”. Les procédures commerciales anarchiques, et surtout l’attente n’eurent pas raison de la patience de ce passionné qui, s’endettant de centaines de milliers d’euros, racheta peu à peu (et restaura) plusieurs centaines de pièces du bateau. « Le France, confie Jacques Dworczak, j’ai rêvé de lui le jour, j’ai rêvé de lui la nuit. Il a été pour moi une grande leçon d’humilité, une grande leçon de vie. » Ces glorieux vestiges du passé, s’ils pincent un peu le cœur, illumineront bientôt l’intérieur d’amateurs et de collectionneurs nostalgiques. Un petit bout de la mémoire nationale restitué aux Français…

16 Photos de la vente par Thierry Dufournaud

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